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mardi 30 avril 2019
Le samedi 27 avril 2019, s’est tenu à Gabes un séminaire sur « Les Métiers d’avenir » et qui a été organisé par la Fondation Hédi BOUCHAMAOUI en collaboration avec le Ministère de l’Education et le Commissariat Régional de l’Education de Gabès.

M. Fakher Zaïbi, Directeur Général de l’observatoire National de l’emploi et des qualifications, a notamment insisté sur les compétences les plus recherchées par les entreprises et dont nous pouvons citer : l’utilisation et la gestion de l’information, l’autonomie, la flexibilité et l’adaptabilité, l’aptitude à la résolution des problèmes et la prise de décision en plus des compétences techniques certaines et assurées. Il a, par la suite, passé en revue les principaux métiers porteurs tels que les spécialistes de l’intelligence artificielle et de l’apprentissage automatique, les spécialistes Big Data et en transformation numérique, l’expertise en nouvelles technologies et en automatisation de processus, le commerce électronique et spécialistes des médias sociaux, en plus des designers d’interaction et des spécialistes en robotique. Pour M. Zaïbi, il apparaît que dans les années à venir, et même avec un taux de croissance économique élevé, le problème structurel d’inadéquation entre l’offre et la demande des qualifications s’accentuera si on ne repense pas en même temps le modèle économique et le modèle de développement des ressources humaines. D’où la nécessité de valoriser les petits métiers via un pacte entre les professionnels et les opérateurs de formation et d’enseignement. Car, il est certain que les métiers et les compétences seront en mouvement, alors notre système d’enseignement et de formation doit obligatoirement être réactif pour y répondre. Par ailleurs, les compétences comportementales doivent avoir une place de plus en plus importante dans les programmes de formation et d’enseignement.

Quant au Professeur Naceur Ammar, Président d’une institution supérieure privée, la clef des métiers du futur dépend d’une révision totale du système éducatif. En effet, il préconise qu’il est nécessaire, tout d’abord, de revoir le modèle pédagogique d’aujourd’hui et de lui faire subir des transformations afin de pouvoir construire l’École de demain. Ces transformations doivent toucher, entre autres, tant les méthodes et les approches pédagogiques, les rôles, le système d’évaluation, que le rapport à l’espace et au temps aussi bien du côté des enseignants que celui des apprenants.

Pour Mme Florence Robine, Rectrice de l’Académie de Nancy-Metz, le développement des nouvelles technologies et la mondialisation des échanges favorisent l’apparition de nouveaux métiers notamment dans le secteur du web. Mais ces facteurs ont également un impact sur les métiers qui sont en pleine évolution pour s’adapter à un environnement en mutation. Ainsi, pour beaucoup de métiers ce sont les compétences qui changent. Le “e-commerce” et le « m-commerce » représentent une véritable source d’opportunités. Les nouvelles technologies impacteront également le secteur de la finance qui est d’ores et déjà en pleine évolution. L’introduction d’internet et des réseaux sociaux posent les questions de contrôle et de sécurité, sans compter sur les métiers qui sont tournés de plus en plus vers la relation et la satisfaction du client. Les secteurs de la santé, de l’éducation et du social sont très prometteurs pour la création d’emplois lors des prochaines années. En effet, le vieillissement de la population entraîne des besoins croissants en termes de soins et d’accompagnement, surtout à domicile.

M. Slah Kôoli, Directeur Général de ” The Tunisian American Search Fund “, considère que les Petites et Moyennes Entreprises (PME) et les Très Petites Entreprises (TPE) ont un potentiel de se démultiplier et de se développer bien plus important que les grandes entreprises. Elles seront, par conséquent, les créatrices d’emplois de demain. Il est nécessaire, par conséquent, de créer un environnement qui encourage leur croissance au lieu de les sanctionner et de prendre des mesures d’accompagnement qui les soutiendraient étant donné qu’elles sont une véritable solution pour le marché du travail en Tunisie.

Quant à Mme Lina Melillo, Déléguée régionale adjointe de l’’Office National d’Information Sur les Enseignements et les Professions du Grand Est de France, elle voit que le numérique est en train de transformer l’entreprise. Des recrutements pour des profils hautement qualifiés, des nouveaux métiers et des compétences transversales sont nécessaires pour faire face aux innovations. C’est ainsi que dans plusieurs pays occidentaux la population vieillit, ce qui fait appel à des métiers de plus en plus demandés et qui sont liés aux secteurs sanitaire et social. Par ailleurs, et dans ces mêmes pays, une prise de conscience environnementale a conduit à l’émergence des métiers « verts » qui tournent autour de la protection de l’environnement. Pour la France, les métiers qui seront les plus demandés tournent autour de l’informatique, la recherche/développement, le commercial et le marketing.

Concernant les secteurs demandeurs d’emploi dans le sud tunisien, le Professeur Abderrazak Jeday, PDG du Pôle Technologique de Gabès, ce sont l’agroalimentaire (notamment à base de géothermie ou d’agriculture biologique), la chimie fine (telles que les produits pharmaceutiques et cosmétiques), l’énergie solaire, la biotechnologie et l’intensification des procédés.